Andrea H. Japp - La femelle de l'espèce


Il était une fois une famille dans les normes américaines, en plein american way of life. Un mari qui gagne bien sa vie, assez pour que son épouse reste à la maison à élever leur petite fille dans les préceptes de la religion américaine: le consumérisme. J'extrapole mais c'est la petite famille de base. Mais un événement va suffire à renverser la donne. Le vernis qui faisait de cette famille une peinture de Norman Rockwell va céder, et laisser la place à la triste réalité.

Cet évenement est l'enlèvement de la petite Sophia, 12 ans. Un jour, le 02 juillet pour être précis, elle ne rentre pas le soir. Les heures s'allongent et les temps deviennent très long. L'épouse chétive, Sarah, reste à sa place et laisse son mari, Toni, gérer la difficulté. Après tout, il a toujours fait ce qu'il fallait. Seulement voilà, elle se rend très vite compte que les gens qui sont censés agir n'agissent pas... du moins pas assez vite pour elle. Alors elle se rend chez les fédéraux. Et là seconde surprise, les agents paraissent plus motivés pour enquêter sur son quartier tenu par la mafia que sur la disparition de sa fille. Elle est seule... Et la femelle est toujours la plus féroce quand elle doit défendre son petit.

Je vais être franc et direct. Ce livre est pour moi un exercice de style à l'état pur. Je m'explique. A travers ce court roman de 190 pages, Andrea H.Japp nous donne une leçon de psychologie de personnages. On suit la mutation de cette épouse rangée en une femme prête à tout pour son bébé sans qu'une seule fois les choses aillent trop vite. Et là est son talent, elle aime ses personnages et nous les fait aimer. Elle les décrit avec les mots justes, et les intonations exactes. On s'imagine dans la peau de cette femme que les éléments contraignent à prendre les choses en main. Du coup, ce n'est pas seulement son lien avec sa fille qui est modifié mais son rapport avec sa vie de manière générale. Une petite révolution!
Je dois vous avouer une chose, J'en suis à ma troisième lecture. Et Sarah est devenue une amie. Je suis touché par son histoire et je ne peux m'empêcher de pleurer. Ce roman est pour moi un classique du polar français. L'un des romans de cette grande dame les plus réussis.

Ce roman a été couronné du prix du Masque de l'année 1996

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