Ken Grimwood - Replay


Jeff
Winston décède alors que son épouse lui dit au téléphone une phrase de tous les jours: "Il nous faut..." Il ne saura jamais ce qu'il leur faut. Il sait juste ce qu'il laisse derrière lui: une vie rangée et banale. Il est directeur de l'information sportive d'une radio local. Sans enfants, il ne laisse qu'un mariage à la dérive et des occasions ratées. Le cours de ses pensées cessent. Les images stoppent leur ballet dans son esprit...
Puis elles reprennent. Il se réveille à 18 ans dans sa chambre d'étudiant à la fac. Il a du mal à ouvrir les yeux sur ce qu'il se passe. Une vaste blague? Un rêve?... Non, il a 18 ans, et il est retourné dans le passé. Une fois passé la surprise, il décide de profiter de ce qu'il sait de son passé, qui est aujourd'hui son avenir, pour se faire une petite fortune. Il finit cette vie riche, marié avec une petite fille. Son trésor. Il décède trop tôt, mais heureux. Le même jour que la première fois.
Le choc se répète! Le réveil est plus douloureux, il a perdu sa fille adorée. Et une nouvelle vie commence, avec le souvenir des précédentes. Et une autre... Et une autre... Où tout ça va s'arrêter? Est-il seul a ainsi vivre et revivre sa vie? Les questions se bousculent, mais il n'est pas sûr que les réponses lui plaisent vraiment.

Et nous, en tant que lecteurs, nous en avons des questions. Pourquoi ces replays? Pourquoi ce léger décalage à chaque retour en arrière? Elle se bousculent, et les réponses tardent à venir. L'auteur aurait pu se contenter d'écrire une ou deux autres vies du personnage principal. Au lieu de cela, nous assistons à une demie-douzaine de replay de Jeff. A chaque nouveau commencement, il apprend de ses erreurs et repart à zéro avec de nouvelles résolutions. Il passe par toutes les possibilités: en profiter, s'isoler et attendre la fin ou encore prendre un nouveau départ avec son épouse.
Mais les questions l'obsèdent. Il veut savoir s'il peut y changer quelque chose. Il veut connaître l'origine de tout cela. Le suspens de ce roman est là: d'où vient cette bénédiction, ou malédiction au choix? Et où tout cela va m'amener.
A la lecture de ce roman, je vous promets que vous voyez votre vie autrement, et vous profitez de tout ce qui vous entoure. Pas une seconde d'ennui alors que tout se répète inlassablement. Une vie à répétition s'ouvre à Jeff, et un grand plaisir de lecture s'ouvre à vous.

Pierre Bordage - Porteurs d'âmes


Léonie est une enfant du Libéria vendue par ses parents à une soi-disant tante. Elle est devenue un objet entre les mains des clients de cette tante. Même pas une prostituée, une chose pour assouvir les perversités de ces hommes. De ces porcs, comme les surnomme cette jeune femme.
On saute sur un autre personnage. Ici vous avez un jeune homme, Cyrian. Un jeune homme qui a tout. Ou du moins, il peut obtenir ce qu'il veut. Il est le fruit de la complaisance bourgeoise: le père vend des armes au plus offrant, et la mère crée des écoles et des hôpitaux dans les pays ravagés par ces mêmes armes. Quant à lui, Cyrian n'a qu'une envie: intégrer les Titans. L'équivalent des Skulls and Bones pour l'EESS, la très grande école scientifique française. Un parvenu.
Au milieu de ces deux extrêmes, il existe un homme qui vit la réalité la plus dure. Un homme au bord du gouffre depuis de trop nombreuses années. Il survit et attend de passer de l'autre côté, sur l'autre rive. C'est Edmé, il est flic à la criminelle. Et il vient de découvrir un véritable charnier dans la Marne. De nombreux cadavres d'hommes et de femmes y sont repêchés. Et Edmée est très loin d'imaginer que cette affaire va lui redonner envie de vivre. Et il va faire la rencontre de Léonie et Cyrian. Il va vivre la rencontre entre le chaud et le froid, entre l'âme et le corps. Et ils ne vont pas tous trois en sortir indemne.

Ce roman de Pierre Bordage est un mélange des genres. Polar, anticipation ou encore romance. Il mélange les styles et les personnages dans un maelström de sentiments. Les trois personnages principaux sont des symboles et des êtres à part entière à al fois. Je veux dire qu'ils sont décrits de telle façon que l'on peut les croiser au détour de la route. Et à la fois, ils sont le vecteur d'une vision de la société, et de la Vie en général.
C'est en ce sens que ce polar de Pierre Bordage est une vive critique de notre société. Pas une critique manichéenne où le noir l'emporte. Non, il s'agit plus d'une alerte! Arrêtons de nous figer sur des idées reçues sinon notre société va droit dans le mur.
Et pour illustrer cette idée, il nous conte une histoire exploitant les faiblesse de l'être humain. En effet, qui n'a jamais rêvé d'être immortel? Et si l'âme survit, peu importe le corps, non?... L'auteur nous pond un récit haletant, passant d'un point de vue à un autre. Le suspens est de la partie et pas qu'un petit peu. A chaque page, on ressent une tension qui nous force à tourner la page. On veut connaître la suite. On veut tout savoir sur ces personnages et sur ce qui les entoure.

J'ai été véritablement séduit par ce roman. Je l'ai dévoré page après page. Je commence à sincèrement apprécier le style de Pierre Bordage. Je sens que je vais me jeter sur la Trilogie des Prophéties.

Joseph Ouaknine - A l'ombre d'Halloween


Gilles veut fêter ses 25 ans de façon grandiose. Tout simplement, il veut que tout le monde s'en souvienne! L'événement du siècle quoi! Il est né un 31 octobre. Ce serait dommage de laisser passer une telle occasion. La fête sera costumée, et l'ambiance sera Halloween à 100%. Il engage une décoratrice pour totalement relooker un vieux manoir. Budget illimité. La famille de Gilles a les moyens.
Les invitations sont lancées. Tout est fait en grand: un faux cimetière est installée (pierres tombales réelles livrées avec), une caverne naturelle est aménagée en antre de sorcières. Une voyante et un prestidigitateur mondialement connu sont de la partie. Et les surprises sont de plus en plus nombreuses. Gilles et ses amis sont aux anges. Sauf que des intrus ont vu la porte ouverte, et sont entrés sans frapper. Quoique... Chez certain, on frappe après être entré ... Il ne fait pas bon se moquer des esprits un soir d'halloween. Certaines choses nous dépassent.

Je vous présente la nouvelle livraison Horreur de la rivière Blanche. Comme d'habitude, une très bonne surprise. Quand on est persuadé de tout savoir, et de tout avoir compris, un nouveau personnage entre en jeu. Et tout est chamboulé.
Alors qu'au début l'histoire semble classique, Joseph Ouaknine retourne le lecteur au tiers du roman en nous présentant la même histoire mais vu d'un autre œil. Et ce, alors qu'on laisse Gilles en plein cliffhanger. Le rideau se baisse encore sur une fin abrupte et pleine de surprise. On reprend l'histoire avec un invité surprise. Les questions trouvent leurs réponses. Et des interrogations restent en suspens.
Il faut que je vous avoue que Joseph Ouaknine a un style fluide qui nous fait passer d'un genre à un autre avec talent. On passe ainsi allègrement de la pure horreur ou polar, en passant par le fantastique léger. Une lecture plus agréable.

Et une lecture qui se prolonge avec une douzaine de nouvelles qui sont autant de portraits savoureux de personnages étranges. Par exemple, vous avez ce diptyque qui navigue entre l'amour et la haine des félins. Ou alors, vous découvrirez les drôles de personnages qui peuplent vos salles de bains. Vous vous laverez plus comme avant.
Donc, ce livre est encore une agréable découverte. Un exercice de style et surtout, on sent très bien que ce livre est un pur amusement pour l'auteur. Il s'est fait plaisir. Et ça se sent.
Et si Rivière Blanche, c'était ça? Et si Rivière Blanche était l'antre de nouveaux auteurs, et la cour de récréation de ces mêmes auteurs?

Jean-Louis Debré - Quand les brochets font courir les carpes


Un petit professeur de lycée corrige ses copies dans l'un des jardins de Paris. Il aime se prélasser à cet endroit. Un peu de calme et de repos avant de reprendre la classe. Il remarque une jeune femme. Il essaie d'attraper son regard. Mais elle part sans même le voir, mais elle oublie une enveloppe. Le temps que notre homme aille la ramasser, un quidam la prend en passant. Notre professeur est harcelé de questions.
Et le brouillard s'épaissit lorsqu'il apprend que la jeune femme fait partie du nouveau gouvernement, au nom de l'ouverture. en effet, elle est une ancienne militante d'extrême gauche au sein d'un gouvernement de droite. Il n'en faut pas plus pour notre homme, il fait tout pour travailler avec cette femme. Cependant, il ne sait pas où il met les pieds. Que ce soit par les brochets ou les carpes, il va se faire avaler.

Déception! Déception!
Ce court roman est une déception. Je le dis rarement, mais passez votre chemin. Il ne s'agit pas d'une fiction illustrée par des anecdotes réelles (ou réalistes) comme on pourrait le penser. Non... Il s'agit plutôt d'un opuscule partisan teintée de fiction. Juste assez pour que l'auteur puisse dire: "Non! Ce n'est pas vrai! Ce qui est écrit n'est pas ce que je pense!" Mouais...
Pourtant, à la base, l'intrigue a tout pour plaire: un anonyme rentre au gouvernement sans aucune ambition, juste pour voir. Et là, il se retrouve embringué dans une lutte d'influence entre divers courants politiques. Tout autant individualiste les uns que les autres. Par conséquent, ce livre aurait pu être l'histoire d'une désillusion. Et l'écriture à la première personne du singulier aurait renforcé le tout.
Au lieu de cela, nous avons droit à des scènes (écrite à la 3ème personne pour l'occasion...) qui ne collent pas avec le reste. Ou du moins, que l'auteur ne cherche pas à recoller au reste. Par exemple, il y a une scène montrant les pontes du PS en pleine guerre intestine pour se remettre sur les rails pour les élections législatives. Il n'y aucun noms. Mais en réfléchissant un quart de seconde, on devine qui est qui.
A cela, il faut ajouter le côté partisan. pour synthétiser. Le financement des partis n'a été irrégulier et condamnable que dans les partis de gauche. A droite, tout est clean! Mouais...
Je vais m'arrêter là. Mais très sincèrement, laisser ce livre sur le bas-côté.

Concours de nouvelle

Je suis heureux de vous présenter le premier concours de nouvelle organisé par Art de Lire, en collaboration avec les éditions Hachette et le site Elkabin.net. Ce concours concerne les Chroniques de Kherädon.
Pour en parler un peu plus, je laisse parler un ami qui vient des Terres Tranquilles
Avant de lui laisser la parole, sachez que tut vous est expliqué sur le site Les Nouvelles de Kherädon. Vous y trouverez notamment le règlement.

Bienvenue en nos contrées des Terres Tranquilles.
Elles ne l'ont pas toujours été, nos terres. Mais, heureusement, Adön a unifié l'ensemble de nos tribus. Le Destin a frappé alors. Les échos du passé frappent; son fils, Luther, doit combattre les ténèbres et ses alliées. Ce sont les Chroniques de Kherädon.














Et nous avons tous besoin de vous. Votre mission pour nous aider à défendre les Terres Tranquilles et nos peuples est simplement d'écrire une nouvelle. Les meilleures seront récompensées par les livres des Chroniques de notre roi, rapportées par notre ami Chris Debien. Mais également par d'autres livres de la collection Blackmoon des éditions Hachette.
Les règles sont très simples. Vous devez écrire une nouvelle incorporant en son sein le paragraphe ci-dessus écrit par Chris Debien. Paragraphe qui est un extrait du troisième dernier tome des Chroniques de Kherädon. Cette nouvelle devra faire au maximum 20.000 caractères. Elle sera envoyé à l'adresse concours-kheradon@sfr.fr. Pour tout savoir sur ce que vous avez le droit de faire ou non, le règlement est juste en dessous.
Voici le paragraphe écrit par Chris Debien

Il martelait les parois avec une énergie désespérée, comme pour s’extraire de cette gangue élastique qui l’oppressait un peu plus à chaque instant.
Une sensation inédite l’envahissait petit à petit, une sensation désagréable que son système nerveux rudimentaire analysait comme une menace.
Danger.
Tout au fond de lui, des dizaines de signaux s’allumaient, de lancinantes alarmes qui déversaient leurs feux brûlants dans son organisme : le sang n’affluait plus aussi vite et la source d’oxygène menaçait de se tarir.
Danger


Je vous souhaite à tous bonne chance, et qu' Ädon veille sur vous.