Jérémie Guez - Balancé dans les cordes


              Il vient d'être décerné à ce roman le Prix SNCF du Polar 2013. Du coup, j'ai voulu le remettre en avant sur ce blog! Si vous ne l'avez pas encore, lu, c'est le moment. Un pur bonheur de lecture!!!
             Rappelez-vous ce que je vos disais l'année dernière en conclusion de la chronique de Paris, la nuitJe vous le dis, et vous commencez à me connaître, ce Monsieur Guez est a du talent à revendre. et il ne peut que s'améliorer vu son jeune âge. 
Hé bien, je peux vous dire que je ne me suis pas trompé. Ce second roman confirme les espoirs mis en lui. Il signe un ouvrage qui vous prend une nouvelle fois aux tripes. 

On quitte Paris pour se plonger dans le décor des banlieues de la couronne parisienne. On quitte la Ville pour les tours d'après-guerre où il a été laissé pousser les herbes de le délinquance entre les dalles. "De toutes façons, ce ne sont que des fainéants qui vivent sur la société" nous apprennent certains discours politiques. Ce sont surtout des jeunes qui n'ont que peu d'issues. Parmi celles-ci, certains ont choisi l'économie parallèle qui assure des revenus mais une sécurité précaire; et d'autres on préféré trouvé une activité plus légale comme le sport par exemple. Tony fait partie de ceux-là. Et il a la chance de pouvoir en faire son métier. Il a du talent pour cela et tout le monde le dit. Alors quand son premier match pro est gagné, un espoir éclaire son tunnel et celui de sa mère. Mais tout bascule quand elle est agressée par un homme chez eux. Tony voit rouge, il signe un pacte avec Miguel, un caïd du quartier. 3tu me livre le coupable, et je suis ton obligé." Il pensait que le règle était un prêté pour un rendu, mais il s'est trompé. Rien n'est jamais si simple avec le milieu. Vous y êtes une fois, vous y restez. Et les larmes de sang sont la seule monnaie acceptée ici. Pas de crédit! 
    
     Je me suis pris un uppercut en plein foie avec ce roman. Jérémie monte le niveau encore d'un cran avec ce bouquin. Il nous décrit l'histoire d'une double vengeance qui finit dans le sang. De toute façon, ce qui commence dans le sang finit également dans le sang. Tony est un personnage qui nous émeut. L'auteur réussi à trouver la corde qui fait vibrer le lecteur. On ne tombe pas dans la facilité ou le misérabilisme à deux sous. Nous avons là un personnage épais sur qui repose tout le roman. L'écriture à la première personne donne cette force au roman de plonger le lecteur dans la peau du personnage principal. On y ressent ces espoirs et ses rêves, et puis on redoute ses peurs et ses peines. Il est le reflet d'Abe, le héros de Paris, La nuit. Là où Abe cédait à la facilité pour s'en mordre les doigts, Tony se bat pour que la violence qui l'entoure ne le rattrape pas. Mais ils ont un point commun, ils n'aiment pas subir les choses. Ils aiment les provoquer. Et leur amour de la liberté les amènent à des choix aux résultats amers. Ils ne sont finalement que les deux faces d'une seule médaille: celle de la jeunesse laissée à sa dérive. 
   Je peux vous dire que j'attends impatiemment le dernier volet de ce triptyque. Je suis pressé de voir où il va nous amener. Et ce tant au niveau scénario qu'au niveau style. Parce qu'ici, il est toujours autant sec. Pas de mots inutiles ou de métaphore pour mettre les formes. Ici, on joue seulement avec les mots pour leur donner leur sens premier.
Jérémie Guez sait écrire et manier les mots. Ce sont ses gants, et vois, vous n'avez que vos yeux pour lire. Et je pense sincèrement qu'il vous aura par KO. Mais vous aurez eu un plaisir fou dans cette lecture. Alors, ne le boudez pas, et jetez-vous sur ce roman. 

1 commentaire:

Guillome a dit…

il m'a bien mis K.O. aussi ;)