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L'accro dushopping - Yshann et Véronique Grisseaux

Un peu de légèreté en cette période de froid nous fera du bien. Si le titre de cette bande-dessinée vous dit quelque chose, c'est normal. Je vous ai parlé du roman dont elle est issue, Confessions d'une accro du shopping de Sophie Kinsella. Ce premier tome a été adapté avec cet album. Une lecture agréable.

L'histoire reste la même à 95%. On suit les mésaventures d'une jeune journaliste financière. Elle a ce léger défaut qui la pousse à toujours dépenser son argent pour des vêtements. Même si elle ne l'a pas toujours cet argent. A partir de ce constat, les gags s'enchaînent et les situations nous décrochent un sourire au minimum. 
Au lieu de s'arrêter à la fin du premier roman, les auteurs ont préféré continuer avec une petite partie du second tome. En gros, le second tome de la BD, s'il existe, se concentrera uniquement sur les pérégrinations de notre amie droguée du shopping à New-York.

C'est justement un des défauts de cet album.
Il passe vite sur certains passages qui sont plus détaillés dans le roman. Je sais bien que le média n'est pas le même mais l'humour de ces passages tenaient souvent dans ces détails et ces pensées du personnage principale. Par conséquent, il y a un manque de cohésion à l'ensemble. Je vous rassure, on passe un bon moment. Cependant, j'ai eu l'impression de lire une BD avec un gag par page à la Boule et Bill. Il y a juste sur la fin qu'il y a une ébauche de cohésion. C'est dommage parce qu'une partie de la chute hilarante du roman tombe totalement à l'eau.
En revanche, les dessins sont très beaux. Simples et parfaitement lisibles. Ils servent à merveille les situations et l'humour. On est loin de la caricature ou du vite-fait. Une belle surprise sur ce point.
Je conseille donc cet album à ceux qui ont aimé les romans. Et je pense que je laisserai sa chance au second tome.

Dixon, Moench, Breyfogle & Aparo - Batman ~ Knightfall

Les vacances sont finies. J'ai été absent un petit mois, et je n'ai pas pu avant de partir vous publier ma dernière chronique. Vous avez dû voir je pense Batman: Rises of Dark Knight?... Alors je vous propose de vous plonger dans le comic qui a posé les bases de l'intrigue. 
 Je vous présente Bane.
 Je vais être direct de suite. Oubliez le Bane de Batman & Robin de Joel Schumacher. S'il vous plaît, faites-mois ce plaisir. Il n'est pas ce lourdaud sans réflexion qui tape sur ce qui bouge etqui grogne sans cesse. En réalité, Bane est un homme qui a a grandi en prison parceque sa seule famille, son père en l’occurrence, y était enfermé. Il a grandi dans ce cloisonnement et en a tiré une force et une haine contre l'ordre. 

On lui propose de participer à une expérience qui lui donnera une force surhumaine. Il accepte. On lui injecte le Venom, et devient un homme avec une force monstrueuse. Il n'est pas tout le temps ainsi. Pour avoir cette force, il doit s'injecter une dose de cette substance. Il veut montrer sa supériorité à tous. Du coup, il décide de s'attaquer au gardien de Gotham City. Mas pas frontalement. Il sait très bien qu'il n'a aucune chance ainsi. Alors il va l'affaiblir. Et cela de manière très simple. Il ouvre les portes de l'asile d'Arkham et arme ses pensionnaires. Le résultats est immédiat: Batman doit arrêter et enfermer tous ses ennemis. Et ce quasiment en même temps. Ou du mois, les uns après les autres de manière très rapprochée. De plus, sentant le danger, le Dark Knight renvoie Robin chez lui et s'en occupe seul.
L'erreur est fatale. Il les arrête tous. Mais non sans mal. Et il en sort épuisé. Comme tout homme le serait. Et c'est à ce moment moment qu'apparaît Bane dans la Batcave. Le dernier combat est de trop. Il chute contre son ennemi et ce dernier le laisse sur le sol, le dos brisé. Et ce premier tome finit ainsi. Un Batman brisé, et un Bane victorieux par sa ruse. 

Ce tome est le premier d'une trilogie. Les deux autres sagas sont Knightquest et KnightEnd. On y voit la rééducation de Bruce Wayne tandis que son remplaçant vainc Bane. Mais les choses tournent vite mal lorsque le nouveau Batman change de costume pour une armure dangereuse et devient encore plus dangereux que l'original. Outre ces autres recueils que sortira plus tard, j'espère, Urban Comics, Ce celui-ci contient une histoire à part entière. Je l'avais acheté en VO alors que l'histoire avait déjà une dizaine d'années. Et j'ai été surpris qu'il y avait immédiatement un aspect intemporel. On s'y replonge sans aucun soucis. Ni le scénario ni le dessin n'ont vieilli excessivement. Vous ne suivez pas Batman tous les mois? encore mieux. Vous prendre l'histoire comme elle vient et vous passerez un super moment. 
Et c'est en plus l'occasion de faire connaissance avec le bestiaire de Gotham. Et vous aurez le même plaisir à profiter de la suite qui devrait sortir sous peu. Mais ce premier tome est déjà en vente ;-) 

J-M. DeMatteis & M. Bagley - Spider-Man and Batman

Comme je vous disais la dernière fois, je me suis replongé dans ma bibliothèque de comic-books pour voir un peu les perles que j'ai pas lu depuis un moment. Et je suis tombé sur un exemplaire sorti en presse en 1995 (17 ans déjà...) réunissant Spider-man et Batman. J'ai un très bon souvenir de cette histoire. Plus que du second numéro sorti un peu plus tard. Mais voyons un peu celui-ci.
L'histoire commence à Ravencroft, institut psychiatrique proche de New-York dont Spider-man était proche au cours des années90. En effet, à l'instar d'un Batman avec l'asile d'Arkham, ses ennemis les plu sanglants y étaient enfermés: Vénom, Vermine ou encore Carnage. Et justement, ce dernier tente de s'évader une nouvelle fois. Il échoue grâce au Tisseur et il est enfermé à nouveau.Seulement voilà, ce petit manège paraît sans fin à tout le monde. Alors un éminent psychiatre annonce avoir la seule solution. Il propose purement et simplement une lobotomie. Mais pas en ces mots. Il insère une puce dans le cerveau du malade qui devient docile comme un agneau. Il propose cela au Dr Ashey Kafka, directrice de Ravencroft à New-York, et au Dr Arkham, directeur de l'asile du même nom à Gotham City. En réalité, ils n'ont pas vraiment le choix. Les patients désignés sont Cletus Kasady, dit Carnage, et Le Joker. Ce qui marche sur l'un n'a pas fonctionné sur l'autre. Ce qui devait arriver arriva. Mais nos deux héros veillent sur leurs Némésis.

L'intrigue reste assez classique. Mais elle touche un premier point sensible avec la problématique du ballet incessant entre les deux ennemis. N'y a t'il pas de solution radicale et définitive? Cette question est au centre de la réflexion de l'histoire.
Mais le principal point  positif est l'habilité du scénariste, Jhon Marc DeMatteis, d'éviter les écueils d'un tel crossover. En général,les héros se croisent se tapent dessus puis finissent par s'allier contres leurs ennemis. Et gagner la bataille. Hé ben non! Ici, ils se croisent et Batman s'en va en disant au Tisseur qu'il n'a pas besoin de lui. Et spider-man se permet même un petite note d'humour en voyant Batman: "C'est donc le moment où on est censé se taper dessus?..." Comme vous le voyez, il y a beaucoup de second degrés et d'humour. Surtout avec le duo Batman/Spider-man qui joue sur l'opposition des deux caractères.
Les dessins sont sincèrement très beaux. Un des meilleurs travail de Mark Bagley pour moi. Il soigne ses personnages et ses décors. On voit tout de suite qu'il s'est amusé avec les icônes de DC Comics auxquelles il n'avait pas le droit à l'époque vu qu'il était un artiste Marvel Comics. Donc vous avez là un comics de qualité qui se lit avec plaisir. Et bien meilleur que d'autres crossovers entre les deux éditeurs.
Il n'est bien évidemment plus en vente en presse, mais vous le trouverez sans trop de souci je pense sur le marche de l’occasion. Dès la semaine prochaine, je viendrai vous parler un peu de l'ouvrage qui a vu Bane fracasse le dos de notre batman adoré. Ça vous dit quelque chose... ;-)
Je l'ai en VO mais il est sorti ce mois-ci chez Urban Comics.

Bob Kaine & divers - Batman Archives 1939-1941

Batman, on en parle beaucoup en ce moment. Le dernier film de la trilogie de Nolan va sortir sur les écrans demain. Du coup, j'ai chiné dans ma bibliothèque pour vous trouver des petites pépites méconnues. Et le mieux est de commencer par les origines. En effet, j'ai cet ouvrage qui reprend les deux premières années d'aventures de Batman./div>
Là, pièce de collection pour tous les fans de la culture comics. C'est pour cette raison que je l'avais acheté à sa sortie. Et je me dis que je me suis trompé. Non pas que ce soit inintéressant, mais cet ouvrage n'est pas à réserver aux seuls spécialistes des comics. Bien au contraire, il est à mettre entre toutes les mains possibles. En effet, les histoires contées dans cet ouvrage sont modernes à un point que c'en est impressionnant lorsqu'on regarde leur année d'origine. On comprend tout au long de la lecture en quoi cette BD était révolutionnaire. Et je vais vous l'expliquer.
Le défunt éditeur, Semic, a compris qu'il pouvait surfer sur la vague créée par son voisin Panini avec ses intégrales des X-men et autres Spider-Man. Ils ont alors décidé de se concentrer sur Batman vu qu'il a le vent poupe ces dernières années. Quelle bonne idée ils ont eu!!! On assiste à la première apparition de Batman, à la recherche graphique du personnage. D'une aventure à l'autre, on peut apercevoir des changements infimes qui finissent par donner le personnage que l'on connaît. On assiste également à l'apparition de la Batmobile (dans le troisième épisode!...), aux batrangs (ces boomerangs en forme de chauve-souris) et batplane. On découvre Robin et la mort de ses parents. Les événements s'enchaînent, et on est de simples spectateurs qui vivent les mêmes sentiments que ceux qui découvraient ce comic en 1939. A une exception près, nous, nous avons le recul nécessaire pour voir ces nouveautés et l'aspect très moderne du comics. A l'époque, ils étaient immergés et The Batman était une comic-book de plus.

Batman n'est pas Superman, on s'en rend compte. Là où le Big blue répand la bonne parole et laisse ses ennemis en prison, le Dark Knight n'hésite pas à se débarrasser de ses adversaires une bonne fois pour toutes. En ce sens, cette BD est très moderne. Il en est de même pour les dessins. Batman est un personnage de l'ombre et les dessins s'en ressentent.
Finalement, je vous conseille vivement cet ouvrage qui remet de plus les pendules à l'heure au niveau des créateurs de la chauve-souris. Le seul crédité, et donc gagnant sa vie avec, est Bob Kane. Mais il n'a pas tout fait seul. Jean-Marc Lainé explique très bien cet état de fait dans la préface qui repositionne le tout dans le contexte de l'époque. Le seul petit hic est que vous pourrez trouver cet ouvrage seulement en chinant sur le net, ou les boutiques d'occasions vu que Semic n'existe plus. Mais si vous tombez dessus, jetez-vous dessus.

B.Azzarello & E. Risso - Batman, Knight of vengeance

Oui, je sais. Cela fait un moment que je n'ai pas fait de chroniques. Mais comme certains le savent, je viens d'être papa il y a à peine trois semaines. Je dos avouer que ce petit bout de chou prend beaucoup de temps... Jour et nuit!... Mais bon! Aujourd'hui, je voulais vous parler d'une revue comics, ou plus précisemment d'une mini série parue en France le mois dernier. Un petit bijou hors-continuité.

Bon! Je pense que vous connaissez tous plus ou moins l'histoire des origines de Batman. Un petit garçon voit ses parents se faire tuer par un voyou qui veut leur dérober leurs bijoux et porte-feuilles. Une scène classique dans le Gotham City d'alors. Ces deux parents sont les Wayne, des notables de la ville qui oeuvre pour le bien-être de la ville. Leur fils, Bruce, fait la promesse de combattre l'injustice et venger ses parents. Les bases sont jetées il y a de cela plus de cinquante ans. Mais imaginez un peu que l'on modifie ces origines un brin. En effet, on rembobine jusqu'à la scène de l'attaque à main armée et on change un détail. Thomas Wayne, le père de Bruce, réagit à l'attaque et se jette csur leur agresseur. Un coup part, et son fils meurt d'une balle perdue. Ce n'est plus le fils qui est orphelin mais les parents qui pleurent leur fils. Les choses changent à partir de ce simple point.
Thomas Wayne devient un Batman arrogant et bien plus radical que son fils. Et son épouse, Martha, est mystérieusement en retrait. Depuis le meurtre de Bruce, elle a subi de graves séquelles psychologiques. Et surtout, Thomas a fait ce que Bruce n'a jamais pu: il a vengé son fils en tuant son assassin. Mais rien n'est simple, et les amis d'hier deviennent des ennemis d'aujourd'hui. 

Vous étiez persuadé de tout connaître de Batman? 
Azzarello et Risso vont vous prouver le contraire. Ils redéfinissent totalement le mythe du Dark Khight tout en gardant les essences principales: la vengeance, des personnages haut en couleur et une relation Batman/Joker ambiguë entre reconnaissance et haine. Ces deux personnages n'ont jamais autant été les deux faces d'une même pièce. Les deux auteurs sont des têtes de pont de la collection Vertigo avec leurs BD 100 Bullets. Un polar hard-boiled captivant et créatif. Ici, ils appliquent leur créativité sur un personnage écrit par maints auteurs et maintes fois renouvelé. Pourtant, ils arrivent à écrire un récit original avec une simple idée: et si Bruce Wayne avait été assassiné à la place de ses parents? Ils redessinent le monde de Batman avec des personnages dont la psychologie reste proche des originaux mais avec une nuance qui amène toute la nouveauté. Le comics est façonné comme un polar qui se lit sans aucune connaissance approfondi de la bande-dessinée Batman. Les personnages que vous croisez, vous les avez déjà vu dans les différents films ou séries animées. Alors pas d'hésitation.
Cette mini-série fait partie d'une série plus vaste ( Flashpoint ) qui redéfinit les héros DC Comics mais elle se lit sans connaître les évènements racontés dans cette série. Un petit bijou je vous dis!!! 

Alan Moore & Dave Gibbons - Watchmen


Si vous vous intéressez un peu la BD américaine, vous savez que DC Comics a changé de maison en France, et c'est maintenant Urban Comics (appartenant au groupe Dargaud) qui en a la charge. Un beau programme est en cours. Notamment, ils rééditent ces jours-ci le chef d'oeuvre d'Alan Moore et Dave Gibbons, Watchmen. Et, en plus, avec la traduction de Jean -Patrick Manchette. Du coup, j'ai voulu vous replonger dans ce classique de la bande-dessinée.

L'heure tourne. Apocalypse.
L'heure tourne. Du sang partout. Les rues sont le théâtre de la panique ambiante
L'heure tourne. Les gardiens sont là. Mais qui garde les gardiens?
Ils sont tout puissant et interdits. Pourtant, il existe dans l'ombre. Un simple meurtre. Celui du Comédien. Un des derniers super héros encore légalement habilité par le gouvernement des États-Unis à exercer sa profession de justicier. Ils sont deux: lui et le Dr Manhattan. Puis meurent des anciens super héros. Les uns après les autres. Complot ? Simple coïncidence ?
Rorschach (du nom du test psychologique bien connu!... Si, vous savez celui où on montre des tâches aux patients qui doivent dire ce qu'ils voient ...) y voit tout de suite un complot contre les super-héros et mène son enquête. Mais tout le monde sait qu'il est paranoïaque. Son enquête va le mener, lui et deux de ses ex-camarades de virée vers une sombre machination à l'échelle planétaire. Cette menace n'est-elle pas un nouveau fantasme de la part de ces super-héros sur le retour?...

Je suis un fan d'Alan Moore. Il sait mener les personnages là où il le veut tout en les réinventant à chaque page. Il est ici accompagné du dessinateur Dave Gibbons qui nous sert un dessin délicieusement rétro qui colle à cette ambiance de suspicion et de menace ambiante. Une fois de plus le scénario est très bien ficelé. Les références historiques et culturelles sont nombreuses. Alan Moore démontre encore une fois son génie scénaristique. La conception n'est pas linéaire, on s'en régale, on plonge, on découvre à chaque lecture des détails: un scénario convaincant !
Les dessins, de très grande qualité, peuvent surprendre un néophyte au premier abord de par leurs couleurs très vives et tape à l'œil. Et la symbiose entre les deux artistes a pour conséquence un dessin très rétro comme je le disais. Seulement l'ambiance est là. Le scénario est formidablement bien mis en valeur tant par le dessin précis que les couleurs agressives.
En conclusion, on en redemande et je crois que le terme de chef d'œuvre est ici purement approprié! Du grand art récompensé par le prix de la meilleure BD étrangère à Angoulême et par le prix Hugo (récompensant les chefs d'œuvres de la SF ...)

Don Rosa - La jeunesse de Picsou


Picsou est radin, avare, pingre et rapiat. Je dirais même grippe-sou si j'osais la référence. 
Ceci étant dit, doit-on s'arrêter là? Non. L'oncle Picsou est surtout un aventurier qui a fait fortune par sa seule volonté. Il est né en Écosse il y a bien longtemps dans un château délabré où l'argent manquait pour le restaurer. Alors, par un coup du destin, il a décidé de faire fortune. Il sera le canard le plus riche au monde.
C'était écrit! 
Mais sa fortune ne s'est pas fait sans mal. Il y a laissé des plumes et des couacs. Finalement, il y a un peu perdu de son humanité. On ne devient pas ce qu'on est sans changements. Ses voyages l'ont amené aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Écosse pour le retour du fils prodige. Toute la construction du personnage est là. Les personnages secondaires apparaissent les uns après les autres, et marquent la vie de Picsou de leur empreinte indélébile.
L’Histoire est en marche...

Qui ne connaît pas Picsou? Donald? Les 3 petits monstres Riri, Fifi & Loulou? 
Tout le monde. Et pour cause. Ils ont été les éléments principaux de très nombreuses histoires en BD. peut-être plus que Mickey. Surtout, ils se sont construits en parallèle aux Mouse mais les auteurs ont très vite réussit à créer une famille nombreuse avec un arbre généalogique précis et une histoire à part entière. Et cela est dû notamment deux auteurs qui ont pris le destin des Duck en main: Carl Barks, et Don Rosa. C'est l’œuvre de ce dernier dont je vous parle aujourd'hui. En 14 épisodes (12 normaux et 2 spéciaux), il nous livre simplement la jeunesse de Picsou et la genèse des Duck. Petit à petit, chacun des personnages apparaît avec ses raisons et son propre passé. Et à la fin de la saga, on a une réserve inépuisable de situations et d'histoires. 
Je pense que Don Rosa (et Carl Barks) se sont sentis plus libres avec Donald et sa famille qu'ils auraient pu l'être avec Mickey & cie. Le carcan est plus lâche. Et on le sent dans cette saga. Il construit sur les bases imaginées par son aîné sa propre maison. Et l'ensemble nous donne un plaisir fou. Je peux vous promettre que n'importe quelle histoire de Donald et sa famille aujourd'hui repose sur le travail de Don Rosa avec cette saga.
Le seul petit bémol est le caractère peu disponible de ce recueil. Mais je suis persuadé que vous pourrez le trouver sur le marché de l'occasion.

Mark Waid & Alex Ross - Kingdom Come

          Un futur incertain. Un futur prévu mais dans un laps de temps imprévisible. Les héros classiques de ce monde ont pris leur retraite, ou sont entrés dans la clandestinité. Un événement a changé la donne. Un petit quelque chose qui a blessé le premier d'entre eux. Superman a été désavoué par ceux qu'il tenait tant à protéger. Pas assez de résultat. Ils lui ont préféré Magog. Lui qui n'a pas hésité à tuer le Joker après une tuerie de plus. Un âge est passé.
Le temps s'écoule. Wonder Woman est désavouée par ses sœurs amazones et cherche à comprendre ce qu'est devenu le monde d'aujourd'hui. Qui sont ces nouveaux héros qui suivent la méthode de Magog? Parallèle inacceptable: les vilains suivent le même chemin. Ils tuent, ou ils sont tués. L'Amazone veut rétablir un certain ordre. Et elle va voir celui qui peut changer les choses. Encore faut-il qu'il veuille? Et ce n'est pas gagné! Superman ne veut plus rien avoir affaire avec tout cela. Mais l'invasion totale du Kansas par un nuage de radiations mortelles est le signe de la chute prochaine. 
Tout se déroule jusqu'à l'arrivée d'Armageddon. Les demis-dieux se battent sous les yeux du Spectre qui attend le bon moment pour agir. Et au milieu de tout cela, il y a les humains avec leurs faiblesses, et leur doute. Qui les sauvera?

Kingdom  Come est le chef d'œuvre d'Alex Ross et Mark Waid. 
Sortis en 1996, nous sommes en pleine déferlante des héros made in Image où la violence est censée être synonyme de réalité et de talent. Nos deux auteurs décident de donner leur point de vue. Alex Ross, le dessinateur, nous donne le réalisme. Il peint avec modèle l'ensemble de ses personnages. Il en sort un style photographique où l'idée de mouvement est présente à chaque case. On vit l'histoire, et on observe chaque case qui est un tableau à elle seule. C'est simple, je suis amoureux du style de Ross. A chaque relecture, on voit des détails que l'on a pas vu avant. On découvre les dessins à chaque fois.
A côté de cela, Mark Waid nous dresse un paysage sombre du futur de DC Comics. La violence et la radicalité ont pris le dessus sur la bonne foi et la sagesse des anciens. A travers ce constat, on lit un véritable polar où chaque personnage prend sa place en attendant son tour de bouger les pions. La tension monte jusqu'au final explosif. 
Pour toutes ces raisons, Kingdom Come est un classique des comics, et de la bande-dessinée en générale. Il se suffit à lui-même. Puis vous découvrirez le style d'Alex Ross. Vous pourrez alors continuer avec Oncle Sam. Pour ma part, je vous en reparle très vite.

Diaz Canales & Guarnido - L'Enfer, le silence Blacksad T.4


   Le chat détective est en plein affaire. On l'a chargé de retrouver une star montante du jazz. Sébastian "Little Hand" Fletcher est un de ces génies de la musique qui attire autant le public que les emmerdes. Et le problème aujourd'hui est tout simple: personne ne sait ce qu'il est devenu ces derniers jours. John lui-même se demande ce qu'il fait là.
Il a eu vent de cette affaire par l'entremise de Weekly, son ami fouineur. Et, en amoureux du Jazz, il reconnaît le talent du disparu. Il est parti à sa recherche à la demande du directeur de la célèbre maison de disque. Agonisant, il traine dans les milieux vaudous et souhaite que ses artistes lui survivent. Seulement, son fils est persuadé que le vieux jette l'argent par la fenêtre. Il ignore seulement que son objectif est la survie de la lignée. Lignée menacée par un secret héréditaire.

Il est de retour! Enfin!!!! 
Quand j'ai vu que le dernier tome des aventures de Blacksad était sorti, je me suis jeté dessus. Pour ceux qui sortent d'une hibernation médiatique et littéraire, Blacksad est la dernière sensation du petit monde de la bande-dessinée des dernières années. Petits chefs d'œuvre, les tomes amènent à chaque fois un éclairage sur des sujets qui touchent de près les USA dans leurs travers et leurs bon côtés.
Après le  racisme, l'ère atomique et le maccarthysme, les auteurs nous plongent au sein de la Nouvelle Orléans et du jazz. A travers une histoire de disparition, nous suivons John Blacksad dans un dédale de révélations. Il croise à nouveau des êtres atypiques, et la détresse. Il plonge tête baissée dans cette nouvelle affaire sans se douter un instant que sa vision des choses va sûrement s'en trouver légèrement modifiée. De plus, les auteurs jouent avec la narration et le temps. En effet, l'action démarre in médias res, et court de part et d'autre de cet évènement. Du coup, on connaît l'avant et l'après sans que l'action soit ralentie une seule seconde. Et puis, le dessin sublime le texte. Chaque case est un tableau qui n'oublie l'idée de mouvement. Les images sont d'une beauté à couper le souffle mais n'immobilise pas le storytelling. 
Alors, ne passez à côté de cette œuvre.

F. Giroud & Bonin - Quintett "L'histoire de Dora Mars"


Après la saga du Décalogue avec laquelle Frank Giroud apportait un vent nouveau dans le monde de la BD, on attendait le scénariste sur son nouveau projet. Comprenez! Après un projet aussi fou, on ne pouvait l'imaginer se plonger dans une histoire plus basique.
Une nouvelle fois, ce scénariste de talent nous initie à une de ses expériences. Il s'agit de suivre le destin de personnages qui se sont croisés en Macédoine durant la première guerre mondiale. Ce qui paraissait essentiel pour certains ne fut seulement anecdotique pour les autres. Leur point commun? Ils font partie d'un quintette musical.

1916, Dora Mars est une chanteuse de cabaret qui essaie de faire quelque chose de son existence à travers cet art qu'est la chanson. Tout le monde lui prédit un avenir, mais rien n'arrive. Elle rencontre un Casanova des armées qui est en permission. Une histoire emplie d'amour, de déception et de recherche de soi commence alors. Histoire qui semble avoir des implications jusqu'à une époque plus récente. Mais nous en saurons plus avec le dernier tome.

Frank Giroud nous prouve une fois de plus qu'il est un des maître de la BD franco-belge. Alors que Van Hamme a du mal à surprendre et que Giraud (Moebius) parle de prendre sa retraite, lui il continue d'explorer des schémas originaux de narration. Une fois encore, chaque album forme une histoire en lui-même mais le tout prendra une autre ampleur une fois le cycle entier achevé. Le suspens est bien mené. Résultat: on veut connaître la suite immédiatement.
Et la suite, elle se décline en quatre autres tomes (logique pour un quintette..). A travers les tomes 2 à 4, nous suivons d'autres protagonistes de l'événement. Puis, le dernier tome, intitulé La Chute, nous donne les clefs de tout. Et il nous donne l'identité du narrateur. Un dernier volume est sorti: un épilogue pour boucler la boucle.

Will Eisner - Petits miracles

Tranquillement, je me baladais au travers des rayons de la biblothèque de ma ville. A la recherche d'un petit livre à lire avant d'entamer le prochain pavé de ma pile. Ne trouvant rien de transcendant au niveau des romans, je me dirige vers les BD en me disant que j'avais déjà lu tout ce qui était susceptible de m'intéresser dans ma petite bibliothèque municipale!...Terrible erreur!...
Je tombe sur cette petite perle de Will Eisner. Cet grand auteur de BD américaine est très peu connu en France par le grand public. Et c'est un grand malheur lorsqu'on voit son talent pour raconter son histoire avec un dessin simple mais jamais simpliste. Son eouvre la plus connue est The Spirit: une espèce de croisement entre Dick Tracy et Batman. Ce héros déjà en marge dans son traitement a été adapté au cinéma par Franck Miller. Ici, dans cet ouvrage, on découvre quatres petites histoires où nous sont racontés des petits miracles comme seuls les hommes savent les faire. De longueurs différentes, ces histoires se dévorent et enchantent jusqu'au plus sceptique.

De plus, le dessin, comme je l'ai déjà dit est simple sans être à aucun moment simpliste. Encrés en ocre plutôt qu'en noir, ils accompagnent la narration dans le message d'espoir. Et dans leur mission d'étude du genre humain dans des situations peu vraisemblables. Je vous le conseille sincèrement.
Vous y trouverez également une déclaration d'amour de l'auteur pour sa ville, New York. Les gens habitant dans l'ombre des tours du business monétaire est le centre des ces histoires tendrement humaines. L'homme et ses faiblesses a toujours été au centre de son œuvre. Rien que pour ça, il faut je pense jeter un coup d'oeil à cet ouvrage. Et aux autres.

Max A. Collins & Richard P. Rayner - Les sentiers de la perdition

Depuis une dizaine d'années aujourd'hui, l'industrie du cinéma hollywoodien se sert dans le vivier que représente la bande-dessinée américaine. Parfois, es réussites scotchent les amateurs et ouvre les portes du 9ème art à des néophytes. Et d'autres sont des fours complets. Aujourd'hui, je viens vous parler des Sentiers de la Perdition. Cet ouvrage est le comics qui a donné naissance au film avec Tom Hanks et Jude Law. Il s'agit d'un polar noir et très bien ficelé. Mais n'allons pas trop vite et revenons au début.

Michaël O'Sullivan est l'Archange de la Mort, le tueur à gage attitré du gang des Looney. Seulement, un de ses fils est très curieux et devient le témoin de l'activité hautement lucrative de son père. Il tue et gagne de l'argent pour ça. Là, les choses se compliquent. Le fils Looney prévient son père qui décide de tuer son Archange et sa famille. Sauf qu'ils loupent O'Sullivan et son fils à l'origine de ce règlement de compte. Les deux survivants deviennent alors des fugitifs. Le but de la fuite est de les amener à perdition dans le Kansas (là, on dit vive les traducteurs qui ont tout compris!....) pour y laisser le fils O'Sullivan dans la famille de sa mère. Une chasse commence. Mais qui est le chasseur? Le chassé? Les rôles sont échangés sans cesse et le jeu de piste se perd dans des conjonctures policières qui rendent le récit dense sans jamais perdre en compréhension.

Outre le dessin en noir et blanc qui apporte une touche authentique et agréable à la narration, le point fort de cette bande-déssinée est de s'inscrire dans une réalité historique. La petite histoire rejoint la grande à travers des personnages comme Elliot Ness ou Al Capone. Et ces personnages ne sont pas là que pour faire figuration. Ils ont un véritable second rôle. Il existe des scènes ont ils ont sur le devant de la scène. C'est dommage que le film n'ait pas gardé cette originalité.
En conclusion, je vous conseille ce comic qui est passionnant et qui se dévore sans modération. Ainsi, tout comme moi, le film qui en est tiré fera peut-être partie de votre liste des films à voir.

Arvid Nelson & Eric Johnson - Rex Mundi

"Rex Mundi est une histoire en forme de quête du Saint Graal menée à travers une enquête policière, avec pour décor une Europe "alternative" du XXe siècle en 1933 à Paris. Dans cette version de notre monde, la magie est un phénomène réel et la séparation des pouvoirs n'a pas eu lieu, l'Eglise conserve tout son poids dans la vie politique française." Voilà la présentation que fait son éditeur français de ce comic. Qu'en est-il vraiment?
Imaginez une Europe où les royaumes d'avant la révolution française sont toujours existant. Un monde où la guerre de sécession aux USA a eu comme conséquence de séparer ce pays en deux entités indépendantes. Une Europe où la Reconquistad espagnole n'a pas eu lieu, où l'Italie est toujours fractionnée en républiques indépendantes. Un monde où l'Inquisition est toute puissante et agit comme une police politique au même titre que la CIA ou le KGB en leur temps.
C'est dans ce contexte que cette histoire se déroule. On assiste à une enquête policière dans cette France où la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'a pas eu lieu. Ni la première guerre mondiale. La situation géopolitique est totalement différente dans cette France. Un jeune médecin, peu apprécié par sa corporation de par son aide parfois gratuite aux pauvres et aux juifs, recherche pour un ami moine un manuscrit très vieux et très important. Un petit problème se pose: toutes les personnes qui semblent avoir eu vent de ce manuscrit et du moine sont assassinées par un étrange homme. Cet homme qui n'a agit que sous les ordres d'un autre inconnu.

Le scénariste nous balade dans son monde alternatif au gré des rencontres avec des personnages secondaires, voire tertiaires, qui nous renseignent sur la situation politique, économique et sociale de ce nouvel ordre mondial. Des planches entières sont consacrées à des discussions qui paraissent ne pas se rattacher à l'intrigue principale. Est-ce vraiment le cas?... Des dessins sombres mais magnifiques illustrent à merveille cette enquête empreinte de politique et mysticisme. Le style réaliste nous plonge dans l'histoire sans attente. Je vous conseille ce bouquin.
A noter qu'il ne s'agit ici que du premier tome. On veut la suite au plus vite... Sauf qu'entretemps, l'éditeur français a coulé. Et personne ne semble vouloir depuis (quelques années déjà...). C'est dommage parce que le thème était original. Et d'après ce que j'ai pu lire, la suite et la fin sont du même acabit.

Jenkins, Kubert, Way & Texeira - Wolverine, les origines

Je suppose que vous connaissez tous, au moins de nom, Wolverine. X-men de son état, il est surtou un personnage créé au cours de l'année 1974 dans un numéro de Hulk! Hé oui, c'est un personnage de BD (de comics même pour être plus précis) avant d'être un personnage de blockbuster insipide. Là je parle surtout du dernier X-Men et du film centré sur ses origines. Parlons-en de ces origines justement. Donc il fut créé en 1974 comme faire-valoir des personnages présents, Hulk et Wendigo. Il disparait aussi vite qu'il est apparu.
Puis Chris Claremont lui donne une seconde vie en en faisant un mutant, et un membre des X-Men. Au début, il ne sait pas trop quoi en faire. puis il décide d'en faire l'animal sauvage sans passé. Succès immédiat. Ce succès va durer jusqu'à aujourd'hui. Les fans de Marvel connaisse par cœur ce personnage, mais paradoxalement ils n'en savent rien. Parce qu'il n'a pas de passé, il est amnésique.
Seulement on parle de faire un film des X-Men. Et de mettre Wolverine au centre du film. Les têtes pensantes de Marvel se disent alors que c'est au neuvième art de lui donner un passé, pas au cinéma. La discussion commence, et les plans sont nombreux. Le scénario de Paul Jenkins subit de nombreux changements. Puis il finit par aboutir sur une série limitée superbe, Wolverine: Origins. Andy Kubert illustre le texte de Jenkins et le sublime. Le scénario est quant à lui digne d'un roman. Les faux semblants, les rebondissements et les clins d'œil sont légions. Sincèrement, il n'y a pas de défauts majeures dans cette série. Je l'ai découverte en VO, et j'étais très agréablement surpris.
Alors que ce tome m'arrive par la poste. Je me dis qu'il est bien épais pour être simplement la traduction de cette série. Effectivement, il y a avec des numéros de la série régulière qui traitaient également des origines du personnage. Et là, ce fut la déception. Ils se lisent très... trop vite. Ils amènent quelques réponses mais en soulève beaucoup d'autres. J'ai été assez déçu par cette seconde partie. Alors je vous conseillerai de vous satisfaire de Wolverine:Origins que vous devriez pouvoir trouver en un tome.

Comic Box #60


Je finis cette petit vague de chroniques de bandes-dessinées en vous parlant de cette revue. J'ai envie de parler de monument de la culture comics en France. Je sais bien que je n'y vais pas avec le dos de la cuillère, mais c'est la simple vérité. Comic Box est tout simplement le seul magazine traitant des comics, et seulement des comics. Je ne pense pas qu'il faut forcément séparer les différents genres de BD mais qu'il existe une telle revue exclusive apporte un complément d'information indéniable.
Comic box a toute une histoire en France. Et cette histoire n'est pas forcément un long fleuve tranquille. Comic Box a connu une première série mensuelle de 35 numéros entre 98 et 2001, suivie de trois numéros annuels parus en 2002, 2003 et 2004. Ils sont édités par Editions USA. La revue Mad Movies a publié au début de 2005 un numéro hors-série, intitulé Comic Box, qui constituait le numéro zéro d'une seconde série, bimestrielle, lancée à l'été 2005. Et c'est ce second volume de la revue que vous trouvez tous les 2 mois dans votre kiosque publié par Panini France.

L'intérêt de cette publication est dans le détail des articles. Personnellement, je lisais et suivais pas mal de séries mensuelles. Et comme toute chose, j'ai dû arrêter par manque de temps. Du coup, vous ne perdez pas une miette de l'actualité et je suis l'essentiel des séries que je suivais.De la même façon, vous pouvez y trouver des dossiers sur des séries, des auteurs ou l'histoire française des comics. Par exemple, vous pourrez lire dans ce numéro tout un article sur la censure qu'a subi les premières revues françaises de BD américaines.
Alors la question piège: Est-ce accessible pour un public néophyte? Hé bien oui! Pourquoi? Parce que vous y trouverez dès le sommaire tout un glossaire vous expliquant les termes propres à vos lectures. Puis, les articles sont assez clairs et pédagogiques pour vous permettre de mettre les deux pieds dans cette culture et d'en ressortir un peu plus connaisseurs. Et puis les interviews permettent de découvrir les artisans du 9ème art américain. Cerise sur le gâteau, une BD inédite à chaque fois.
Donc, honnêtement, si vous appréciez, ou si vous voulez en savoir plus sur la culture comics, n'hésitez pas, et acheter ce mgazine.

Alex Nikolavitch & Marc Botta - La dernière cigarette


La dernière cigarette est un album particulier de par son dessin très travaillé et son scénario qui nous raconte la déchéance des hommes à travers la guerre.

Seconde guerre mondiale. Novembre 1943. Un commissaire politique russe échappe aux bombardements de Kiev en se réfugiant dans un appartement vide. Seulement, c'est également l'abri d'un officier allemand. Que faire? S'en aller? Ils vont s'entretuer? Fatigués tous deux de la guerre, ils préfèrent s'échanger une cigarette. L'allemand amène la cigarette tandis que le russe amène le feu. Ils attendent là que s'arrêtent les bombardements. Enfin, ils cessent. Ils se séparent en étant honnête l'un envers l'autre: la guerre reprend ses droits dès qu'ils auront repassés le pas de la porte. Ils sortent et vont chacun de leur côté. L'allemand va droit vers la défaite tandis que le russe va direction Berlin.

Par son scénario, Alex Nikolavitch nous décrit une des nations à l'agonie et une Humanité perdue. Les Hommes ont créé la guerre mais leur création les a dépassés. Ils se trouvent perdus dans ce maelström de peur et de massacre. Un homme que vous croiseriez avec le sourire dans la rue pourrait devenir votre bourreau dans cette atmosphère. Les dessins de Marc Botta donne une âme à ces maux. Par sa peinture, il nous fait partager son désarroi et celui des personnages.

Je vous conseille cet album qui est magnifique et plein de vérité.

Alan Moore - Supreme, L'âge d'or (tome 1)

Qui est Supreme?....
C'est Superman... Non!... Il n'a pas changé de nom. Mais il faut savoir que Superman est le premier des superhéros. Du coup, on a eu le droit a plein de copie (plus ou moins avouées!...) de ce personnage. Supreme est une de ces copies les plus récentes. Il a été créé durant les années 1990, pour Image Comics, par un artiste qui a été autant aimé que detesté par les lecteurs de comics: Rob Leifeld. Perso, son dessin est très bon. Mais, au niveau scénario, c'est pas le meilleur.
Son personnage est donc un avatar de Superman. Même pouvoir mais en plus fort. C'et à dire qu'il a les mêmes pouvoir que son aîné mais à un degrès supèrieur. Mais un problème s'est posé lorsque Leifeld est parti d'Image Comics. Le perso est resté sous la coup de l'éditeur. Il a été nécessaire qu'un autre artiste s'occupe du personnage. Les pontes d'Image ont alors proposé la chose à Alan Moore. Ce grand monsieur de la BD américaine (bien qu'il soit anglais) en a profité pour faire ce qu'il ne pouvait pas avec le vrai Superman, puisqu'il était en mauvais terme avec DC Comics (= la maison-mère de Supes! Vous suivez là!...)

La BD proprement dit
La BD commence alors que Supreme revient sur Terre après une absence de 30ans, pour cause de voyage dans l'espace (Il s'était perdu car il n'avait pas consulté les cartes IGN :-) ). Lorsqu'il arrive, la planète est en train de se dédoubler. Alors qu'il essaie de comprendre ce qui lui arrive, des héros portant le même costume que lui l'emmène dans un dimension hors du temps, et lui explique que la Terre subit une redéfinition. Phénomène régulier selon ces personnages. Et, c'est là que commence l'intérêt de la BD. c'est là que l'on reconnaît le génie d'Alan Moore. A travers ce phénomène de rédifinition, il met le doigt sur une habitude de l'industrie du comics, qui est de redifinir constamment les origines de leur personnages.
Ce parallèle est constant dans la BD. On assiste, à travers une histoire agréable à lire, à un compte-rendu de l'industrie des comics par l'auteur. C'est une critique sans jamais cracher dans la soupe. Il met à plat les travers de cette industrie, sans jamais ennuyer le lecteur.

L'histoire, quant à elle, est basée sur la mémoire du personnage. Il redécouvre sa mémoire. Et, à chaque fois, que l'on a le droit à des souvenirs de Supreme, l'épisode est déssiné comme à l'époque. C'est du très joli travail. On s'ennuie pas une seconde. Les dessins sont réussi. Et l'attrait de l'ensemble est multiple. Les novices liront une histoire plaisante. Ceux qui connaissent un peu Superman s'amuseront à trouver les nombreuses références à son univers (L'univers de Supreme est volontairement une pastiche de celui de Superman). Et, enfin, ceux qui connaissent un tant soi peu les comics et la culture qui s'y rapproche verront le parallèle expliqué précedemment.
A noter la présence des dessins du Grand Alex Ross en page de début chapitre. On regrettera juste qu'il y en ait pas plus!...
Finalement, cette BD est vraiment très agréable. Je vous le conseille. Si le prix peut vous rébuter ( 24.85€ !....), sachez que vous aurez droit à 12 numéros américains. Ce qui équivaut à près de 250 pages. Donc, la rapport Quantité/Qualité/Prix est respectable. Enfin à noter que le second tome vient de sortir aux éditions Delcourt également.

Millar Mark & Hitch Bryan - Ultimates

Aujourd'hui, je commence une petite série de chroniques attachées aumonde de l BD. Alors régalez-vous!...
Marvel est l'une des deux grandes compagnies de comics aux Etats-Unis. Avec DC Comics (maison de Batman, Superman etc....), elles se partagent le marché. Seulement, au cours des années 90, ce marché s'est effondré à coup de couvertures alternatives et autres numéros spéciaux à prix prohibitifs. Les offres se sont alors calmées et le marchandising a laissé la place à l'artistique. Seulement, la concurrence appelle la surenchère. Et le grand boss de Marvel, un dessinateur de talent Joe Quesada, a eu l'idée de relancer les vieilles séries comme Spider-Man et de les remettre au goût du jour. Cependant, il était hors de question de laisser de côté les 30 ans d'histoires existantes. La solution a alors été de les réécrire dans des séries parallèles. Et puisque la vague cinématographique commence, autant en profiter en leur donnant un visuel inspiré du cinéma. Ainsi, la collection Ultimate est lancée. La première série réécrite est Spider-Man, suivent très vite Les Vengeurs.

Ces derniers voient même leurs noms changés en Ultimates. Tout commence durant la seconde guerre mondiale avec Captain America et sa disparition la veille de la victoire alliée. De nos jours, les mutants et autres phénomènes surnaturels se bousculent au portillon. Et parmi les têtes dirigeantes, il germe l'idée d'une force de police internationale qui s'occuperait de ses cas où les humains normaux sont impuissants. L'équipe des Ultimates naît en rassemblant des personnages totalement antagonistes. Vous avez Giant-man, Henry Pym, ce scientifique génial mais tellement névrosé qu'il se shoote au prozac. Et sa femme, Janet dite La guêpe, légèrement frivole mais pour mieux cacher son secret qui est si dur à porter. On leur a adjoint Tony Stark, riche industriel qui parade dans son armure d'Iron Man pour plaire aux jeunes femmes. Puis vous avez Thor alter mondialiste, dont on ne sait pas s'il est le dieu de la foudre ou un fou très puissant avec un marteau. Vous y mettez une saupoudré de Captain America revenu d'entre les morts (d'entre les glaces devrais-je dire...) et d'Hulk qui détruit tout ce qui bouge au lieu d'autre chose. Et pourtant, ces personnages haut en couleur que l'on verrait mieux en indépendant se voit allié. La recette marche sans peine. Et on est happé par les aventures de cette équipe hors du commun.

C'est grâce aux auteurs, Mark Millar au scénario et Bryan Hitch aux crayons, qui nous livre un travail de toute beauté. C'est bien simple, quand Hitch nous dessine un homme de quinze mètres de haut en plein New-York, on y croit réellement. Les détails sont travaillés avec talent. C'est un véritable plaisir pour les yeux. De son côté, Millar fait de ce qui aurait pu être une énième déclinaison marketing une véritable œuvre qui fait avancer le schmilblick. Les personnages sont réellement creusés et différents de leur homologue vieux de 40 ans. Les bases des personnages sont les mêmes mais leur évolution est plus moderne. Ultimates est un comics que vous pouvez lire que vous connaissiez ou pas l'univers Marvel d'origine. De plus, détail appréciable, cet album est une histoire qui se suffit à elle seule. Rien après, rien avant. C'est suffisamment rare pour en profiter.

Kim Yng-Hwe - Che


Né le 14 juin 1928, Ernesto Guevara est un jeune homme que rien ne distingue des autres. Si ce n'est son asthme qui était à l'époque un mal bien plus grave qu'aujourd'hui. Il a fait alors des études de médecine et un voyage à travers le sud des Amériques. Vous pouvez lire ce voyage à travers Carnets de Voyage.
Ce voyage a vu le jeune Ernesto se changer en Che de par sa simple conscience politique. La révolution commence par Cuba avec Fidel Castro. Puis, une fois lancé le nouveau gouvernement sur les rails, il part au Congo pour continuer la Révolution. Le 04 octobre 1967, un agent de la CIA l'achève alors que blessé et fatigué. A bout et malade. Un homme meurt. Une légende est née.

Ce manhwa (bande-déssinée coréenne) nous relate le destin de cet homme qui a guidé, et guide toujours, de nombreux esprit. D'une façon simple et résumée, il nous permet de prendre connaissance de la véritable histoire de cet homme. Et ce en s'appuyant sur certains faits sûrement ignorés de la plupart. Par exemple, on y apprend que le Che ne voulait en aucun cas de l'aide de L'URSS qu'il estimait contraire à son idéal révolutionnaire. Pour lui, le socialisme de l'URSS était devenu un nouvel impérialisme. Et il ne s'en est pas caché puisqu'il l'a crié lors d'un discours fait devant l'assemblé de l'ONU.

Il s'agissait donc d'un personnage complexe. Complexité que cet ouvrage ne fait malheureusement qu'effleurer. En effet, il manquerait un peu de volume. C'est un bon début mais si l'histoire d'Ernesto 'Che' Guevara vous intéresse, servez-vous de ce livre que comme d'un début. Son étape au Congo est laissée de côté, ainsi que sa relation avec son ami Alberto qui est tracé de façon peu précise alors que cet ami est toujours à Cuba et a mis en place tout le système de santé cubain.

Finalement, c'est une très bonne base mais dont il ne faut pas se contenter. Complétez sa lecture par Carnets de voyage. Vous aurez déjà une vision plus large et plus complète sur l'avant-che!
A noter enfin qu'il s'agit d'un volume unique.