Olivier Descosse - La liste interdite


Région de Nogent le Rotrou. La route est déserte. A droite, des champs. A gauche, des champs... et un château isolé. Sur cette route, de loin, vous y verriez un amas de tôle. Puis, en vous rapprochant, vous apercevriez que cet amas difforme s'apparente à une voiture. Enfin, le nez dessus, vous y observeriez un corps. Celui d'un homme victime d'une machination. Flash. On vous transporte à Paris, dans le XIIIème arrondissement. Le quartier chinois de la capitale. Votre attention serait attiré par un autre corps. Un homme s'est défenestré. Ou on l'a défenestré. Les deux morts sont sur l'échiquier. Reste à trouver les enquêteurs.
Michel Dialo est un flic parisien dans l'âme. Un parisien exilé dans le Perche pour le bien de son épouse. Elle a trouvé un emploi dans la région, et lui a réussi à se faire muter. Le bonheur... Et l'ennui. Les crimes sont rare dans le Perche. Alors les nerfs craquent, et le couple souffre. Une pause est décide, et l'enquête arrive à point nommé. Dialo se jette sur la course contre la montre pour savoir qui a massacré le gars de la voiture.
A paris, c'est le juge d'instruction Claire Brissac qui se retrouve chargée de l'affaire. Elle est aidée par le commissaire Christian Mayol, policier hors-norme vivant la Chine et sa philosophie de vie en son fort intérieur. Il permet à la jeune juge de faire son chemin et d'arriver à la révélation. Une révélation qui ne la laissera pas indifférente. Qui ne vous laissera pas indifférente.
Deux enquêtes, deux combats pour la vérité. Mais une seule liste d'acteurs de vos peines, et de vos espoirs. La Justice doit frapper, et elle frappera. Mais est-elle vraiment aveugle.

Olivier Descosse décide de récidiver dans le thriller juridique. En tant qu'avocat d'affaires, il connaît les méandres de la procédure judiciaire française. Et il a voulu (comme avec L'ordre noir) ingurgiter puis ressortir dans la fiction son savoir. Et il y réussit en nous offrant un roman captivant de haut niveau.
Comme je l'ai déjà dit, un roman qui rebondit et ne cesse de surprendre le lecteur repose sur des personnages intéressants et bien construits. Et, sur ce point, les personnages d'Olivier sont des petits bijoux. Ils ont un passé et une vie qui les rend consistant. Alors que l'histoire commence à peine, leurs bagages nous explosent à la tête. Il ne s'est rien passé ou très peu, et le lecteur est déjà simplement intéressé par les personnages en eux-même. Un premier bon point.
Le second bon point est dans la multitude de personnages. trois personnages principaux aux caractères très différents. Et quelques autres personnages secondaires qui créent un décor et qui sont mis chacun leur tour sur le premier plan. Comme vous le savez peut-être, pour moi, Olivier Descosse a un léger défaut. A travers ses romans, il nous fait voyager à travers différents paysages mais aussi différentes communautés de vie. Mais, je trouvais que ces voyages étaient trop rapide et pas assez dans la profondeur. Hé bien non! Avec La liste interdite, il passe au dessus de ce défaut. On continue toujours à voyager à travers différentes façon de vivre, et différentes philosophie de vie. Cependant, le lecteur se retrouve imprégné de chacun de ses décors particuliers. Un petit plus qui augmente le plaisir de la lecture.
Ce roman d'Olivier Descosse est une vraie réussite, et un vrai plaisir de lecture. Du coup, c'est pour moi une très agréable surprise. J'ai aimé les précédents mais là je l'ai adoré.

Olivier Descosse - L'ordre noir

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas. Mais la réflexion est beaucoup plus difficile dans l'autre sens.
Luc s'en rend compte très vite. Je ne vais pas revenir sur l'intrigue, mon collègue au dessus l'a très bien fait. Sachez une seule chose: Olivier Descosse écrit ici l'un des premiers thrillers judiciaire. Du moins dans la première partie. Etant avocat de formation, et pratiquant toujours dans le milieu de la propriété industrielle et artistique, il se fait plaisir en intégrant dans ses romans le monde juridique. Il sait de quoi il parle et quel terme utilisé précisément. Et là le bat blesse un tout petit peu. Les juristes de formation vont très vite comprendre tous les tenants et aboutissants de quelques détails (comme le mécanisme du mandat...) qui rendent l'histoire on ne peut plus crédible. Pour ceux qui ont plus de mal, ils seront peut être un brin dérouté par la complexité de certaines situations. Mais ce ne sera pas une difficulté pour comprendre l'histoire. Vous vous laisserez très vite emporter par ce malstrom qui enchaîne les quiproquos et les retournements de situation
Après la trilogie Cabrera je me demandais comment allait s'en sortir Olivier Descosse. Il voulait changer de registre et quitter la police. Il désirait véritablement changer de personnages. L'ordre noir est cinquième roman, et quatrième thriller, alors on peut comprendre aisément qu'il ait eu envie d'écrire autre chose. Et il a réussi son pari quant au personne. Luc et Paul n'ont rien de commun: ils sont aussi différents que le soleil et la lune. L'un, Paul, fait partie de cette masse populaire qui vit paisiblement (enfin, autant qu'il le peut...) tandis que l'autre, Luc, appartient à cette classe sociale élevée à qui rien ne manque. Et dont la lignée suit le même chemin inlassablement. Ils sont aussi différents que creusées émotionnellement. Ils ont une véritable épaisseur. Et celle de Luc prend forme tout au long du roman. En effet, nous avons à affaire à un roman d'initiation. Il lutte contre lui-même en étant persuadé qu'il lutte contre son père. Et ce combat est magistralement instrumentalisé par l'auteur.

Un petit bémol à toute cette avalanche de qualité: la forme du roman. Vous avez aimé la trilogie, vous aimerez celui-là. Vous n'avez pas aimé la trilogie, je ne suis pas sûr que celui-ci vous passionnera. Pourquoi?... Parce que vous avez à faire à un road book à la même façon que les précédents. On passe d'un décor à un autre, d'un univers à un autre très rapidement. Peut être parfois trop rapidement. Luc passe d'avion à avion. Et je dois avouer que ça me dérangeait un peu de temps en temps. Mais une fois passé ce fait, vous passez un très bon moment avec cette lecture.

Patrick Bard - L'Attrapeur d'ombres

La Yougoslavie s'éteint dans le sang et les ruines. Parmi ses villes, une souffre peut être plus que d'autres: Sarajevo. Une odeur de mort y flotte en permanence. A l'intérieur même de ce charnier citadin, des snipers des deux camps rendent la vie encore un peu plus impossible. Ils tirent les passant comme des lapins. Bienvenue à Sniper Alley: la rue vicieuse sans vie. Parmi les cibles mouvantes, il se trouve Sébastien Meyer, journaliste photo. Il était jeune et talentueux. Il est sans emploi et sa vie est devenue survie depuis que de cible il est devenue victime. Il a perdu son œil directeur.
Tout aurait pu s'arrêter là. Mais non. Le destin parfois s'acharne et parfois vous tend la main. Il vient à Seb sous la forme d'un confrère qui lui rend son sac photo. Et une pellicule qui lui réserve des surprises quant à son accident à Sniper Alley...

Patrick Bard est un auteur de talent. Et je pourrais moi aussi m'arrêter là. Avec ce livre, il nous prouve qu'il est capable d"'allier et maîtriser les trois éléments qui font une œuvre complète: une intrigue, des personnages et un décor. Pour l'intrigue, l'auteur a gardé son habitude de mélanger nos repères tant temporels que spatiaux. Par conséquent, on veut en savoir plus. On veut comprendre comment les événements (qui se déroule sous notre nez) ont été influencés par ceux de 97 (qui se déroule aussi sous notre nez) Bluffant!...
Pour les personnages, ils sont multiples et à aucun moment stéréotypés. Et pourtant, entre le photographe désespéré et le beur de cité, les pièges étaient nombreux. Il les évite, ou tombe dedans consciemment pour mieux rebondir. Enfin les décors. Le point fort de P. Bard. Il est photographe et a donc l'œil. Et il les retranscrit de manière très agréable et pas du tout barbant. Mais il a un message à faire passer. Pas un message utopiste mais un message de constatation. Par conséquent, chez lui, les décors sont à peu de choses près des personnages à part entière. Ils nous en racontent pratiquement autant que l'histoire elle-même.

Vous aurez donc compris que je vous conseille fortement ce roman. Pour l'histoire, pour l'auteur. Pour le bonheur de le lire tout simplement.

Patrick Bard - La quatrième plaie

Guérir sans frontière est un organisation non- gouvernementale à l'instant de médecin du monde. Elle s'installe dans les régions du monde où les cendres du conflit sont encore chaudes...Quand l'incendie est éteint. Parmi ces régions dévastées par l'humain, il y a l'Ouganda en Afrique Noire. La guerre civile y fait rage et embrigade des enfants. Dans ce pays, Abraham Van Tang (=Abe), médecin itinérant de l'ONG, a été dépêchée pour retrouver un de ses paires. Celui-là a disparu sans laisser de trace. Abe refait alors le chemin de son collègue pour le retrouver. Seule, les ennuis s'enchaînent et les priorités changent. Une cargaison de médicament vient d'être volée par des guérilleros locaux. Le danger de la solution est plus grand que habituellement. En effet, c'est injection sont le seul remède de la maladie du sommeil, omniprésente en ces régions. De plus, ce sont les dernières injections puisque le laboratoire pharmaceutique en a cessé la production. Une course contre commence.

Le véritable héros de ce roman est le pouvoir des groupes pharmaceutiques. Nous n'avons pas affaire un discours partisans mais à un discours réaliste et documenté. Photographe de formation, Patrick Bard raconte ce qu'il voit. Point. Il crée une intrigue qui sert ses propos. Et bien!...
Nous assistons à l'action de plusieurs personnes en des temps décalés. Par exemple, on écoute l'histoire d'un enfant soldat. Et le lien n'est fait qu'au trois quart du roman. Du fait que la narration ne soit pas linéaire (tant au niveau des lieux que temporellement parlant), la lecture s'en trouve au début un peu déconcertante. Toutefois, l'intérêt grandit tout au long de la lecture. Les personnages sont attachants.

Je vous conseille grandement cette lecture. Quand le talent se mêle à un discours intéressant, le résultat en est passionnant et impressionnant.

Isabelle Wenta - La Saga d'Orion T1: Le destin des Eaglestone

"Je m'appelle Margareth Eaglestone. Je suis né au cours du XXIème siècle de votre ère. La lune et l'espace étaient alors des territoires conquis par les humains, et par mon père. Alors que nos ancêtres régnaient sur les sept mers, mon père régnait sur la mer galactique. Rien ne l'effrayait, et surtout pas les soldats impériaux. Tous voulaient sa mort, mais le peuple l'avait déifié. Il était un symbole. Mais l'adoration du peuple ne vaut pas grand chose lorsque la peur le tient, et que le Pouvoir le menace. Ils ont attrapé ma mère, et m'ont forcé à la regarder mourir sur le bûcher. Mon père n'avait pas d'autres choix que de nous permettre de fuite. Et la meilleure fuite est celle dans le temps. Alors on a testé la technique toute neuve de la cryogénie.
Mon frère Patrice et moi en sommes là. Nos gardiens nous ont réveillés après un sommeil de 900 ans. Ma mère, la Sorcière, est toujours avec moi. Elle me guide. Ou du moins son fantôme. Mais j'enrage de rester dans cette Arche en orbite autour de Mars. La Terre est devenue inhabitable mais j'ai envie de voyager. J'ai envie de retrouver ma Liberté, et que la légende des pirates les Eaglestone se réveille. Je suis promis à un grand avenir, on me l'a dit. Mais le chemin est long. Et les Aigles ne sont pas connus pour leur patience."

Bienvenue dans la vie de la dernière des Eaglestone. Maggie est la dernière de cette lignée de pirates célèbres. De tous temps, ils ont écumé toutes les mers. Ils ont été des flibustiers redoutés, puis des hommes d'affaires effrayants puis enfin ils sont revenus à leurs premiers amours, la piraterie. Mais sur les grands espaces galactiques.
Et tout cela, le lecteur l'apprend dès les premières pages. Un résumé du destin de la famille qui nous met dans le bain directement. Nous avons affaire à une famille qui sait ce qu'elle veut. Mais elle ne remporte pas toujours la victoire. Et cette saga réduite ne fait pas pour autant liste interminable que l'on saute par trop de longueurs. L'auteur réussit à nous raconter tout cela en nous passionnant.
Puis, rupture de style d'histoire. Les derniers Eaglestone se réveillent dans un monde qu'ils ne connaissent pas, et croisent des gens qui pourraient autant être de amis que des ennemis. Du coup, le lecteur est dans le même état. Et le récit se ralentit. Les personnages apparaissent petit à petit, et leur importance se déclare tout doucement. Là où certains trouveraient peut-être des longueurs, moi j'y ai vu un architecte qui construit son édifice avec patience et talent. Et le prologue nous a appris qu'Isabelle Wenta est capable d'écrire un récit haletant.
Mais pour toute saga digne de ce nom, il faut un prologue installant les événements et les personnages. Et là, vous avez cette première partie. Alors ne prenez pas le risque de louper le début de cette saga des Eaglestone.

Ian Rankin - Traques

Gordon Reeve est un ancien membre des forces spéciales britanniques, les SAS. Une opération durant la Guerre des Malouines l'a blessé, et il a quitté l'armée. Et sa raison d'être. Il est militaire, et il agit en tant que militaire. Avec l'aide de son épouse, il a décide de monter une structure d'organisation de week-end d'initiation à la survie. Des gens d'horizon aussi divers que des gardes du corps ou des théoriciens du complot s'engagent dans ces stages préparatoires.
Les jours filent de stage en stage. Gordon est heureux, mais une mauvaise nouvelle débarque. Son frère, journaliste et installé provisoirement aux Etats-Unis, est retrouvé mort dans sa voiture de location. Un suicide. Il se rend alors à San Diego pour organiser le rapatriement du corps de son frère. Et de questions en bizarreries, il soulève des incohérences. Alors que le doute grandit, un homme vient le voir. Il s'agit d'un ami de son frère, il lui dit seulement qu'il avait pas besoin de véhicule de location puisqu'il se chargeait de le conduire où il voulait. C'était son travail. Gordon pose ses valises, les choses sérieuses démarrent. Le souci est qu'il n'est pas rare dans ce genre de cas que les réponses soient pires que les questions. Et cette affaire est un de ces cas. Et c'est assez explosif.

J'appelle ce type de romans, des blockbusters. C'est-à-dire des romans diablement efficace et bien écrit. Comme les films du même nom, ils captent votre attention dès les premières lignes et ne la lâche pas. Un vrai plaisir de lecture. En effet, ce thriller qui mélange les genres est passionnant et agréable à lire. On passe un très bon moment, et on ne veut pas poser le livre. Pas parce qu'on veut savoir la fin à tout prix, mais parce que le style est tel qu'il vous happe et ne vous abandonne pas. En effet, ce roman n'arrête pas d'enchaîner les explosions, les scènes de combat et les révélations douteuses.
Le problème des blockbusters (films comme livres) est qu'ils ne laissent pas un souvenir impérissables, et que l'on n'y retourne pas après. Et c'est le cas ici, je suis content de la lecture mais je ne la répéterai pas. Les personnages sont bien menés, même si un peu stéréotypé sur certains points: le soldat rendu fou par la guerre, le philosophe démilitarisé du bon côté ou les groupes pharmaceutiques qui dirigent un complot. Et l'intrigue se déroule sans faux pas, et sans lenteurs.
Donc une lecture distrayante reposante.

Comic Box #60


Je finis cette petit vague de chroniques de bandes-dessinées en vous parlant de cette revue. J'ai envie de parler de monument de la culture comics en France. Je sais bien que je n'y vais pas avec le dos de la cuillère, mais c'est la simple vérité. Comic Box est tout simplement le seul magazine traitant des comics, et seulement des comics. Je ne pense pas qu'il faut forcément séparer les différents genres de BD mais qu'il existe une telle revue exclusive apporte un complément d'information indéniable.
Comic box a toute une histoire en France. Et cette histoire n'est pas forcément un long fleuve tranquille. Comic Box a connu une première série mensuelle de 35 numéros entre 98 et 2001, suivie de trois numéros annuels parus en 2002, 2003 et 2004. Ils sont édités par Editions USA. La revue Mad Movies a publié au début de 2005 un numéro hors-série, intitulé Comic Box, qui constituait le numéro zéro d'une seconde série, bimestrielle, lancée à l'été 2005. Et c'est ce second volume de la revue que vous trouvez tous les 2 mois dans votre kiosque publié par Panini France.

L'intérêt de cette publication est dans le détail des articles. Personnellement, je lisais et suivais pas mal de séries mensuelles. Et comme toute chose, j'ai dû arrêter par manque de temps. Du coup, vous ne perdez pas une miette de l'actualité et je suis l'essentiel des séries que je suivais.De la même façon, vous pouvez y trouver des dossiers sur des séries, des auteurs ou l'histoire française des comics. Par exemple, vous pourrez lire dans ce numéro tout un article sur la censure qu'a subi les premières revues françaises de BD américaines.
Alors la question piège: Est-ce accessible pour un public néophyte? Hé bien oui! Pourquoi? Parce que vous y trouverez dès le sommaire tout un glossaire vous expliquant les termes propres à vos lectures. Puis, les articles sont assez clairs et pédagogiques pour vous permettre de mettre les deux pieds dans cette culture et d'en ressortir un peu plus connaisseurs. Et puis les interviews permettent de découvrir les artisans du 9ème art américain. Cerise sur le gâteau, une BD inédite à chaque fois.
Donc, honnêtement, si vous appréciez, ou si vous voulez en savoir plus sur la culture comics, n'hésitez pas, et acheter ce mgazine.

Diaz Canales & Guarnido - Blacksad

Les deux premiers tomes
Attention chef d'oeuvre!!! Cette BD est une beauté! Une perle dans l'énorme production que l'on voit s'étaler sur l'étalage de notre libraire préféré. Mais essayons de faire une critique partiale de ces albums.

Le héros est un chat noir, détective privé. Tous les personnages sont des animaux. C'est un peu le même principe que Walt Disney mais avec une petite différence. En effet, ici, le dessinateur n'oublie pas que ses protagonistes sont des animaux. Du coup, il le reflète dans le dessin. Le second tome a un le prix du Meilleur Dessin à Angoulème 2004, c'est pas un hasard Les personnages sont rendus crédibles. On oublie que l'on a affaire à des animaux à taille d'homme.

Le héros, donc, est un privé. Un privé à la Mike Hammer. Du coup, on a le droit à des répliques cinglantes et bien drôles. Dans le premier tome, il enquête sur le meurtre de l'une de ses ex. Alors que, dans le second, il recherche une petite fille qui a disparue et dont le seul crime est de naître noire dans un quartier dirigé par la terreur par un groupe d'albinos racistes.
Les histoires ne sont pas d'une originalité manifeste (quoique... ) mais la force provient du découpage. Faut préciser que le dessinateur, espagnol tout comme l'auteur, est un ancien de Disney. Du coup, il connaît l'idée de mouvement qui se doit se dégager d'un dessin.

Finalement, en lisant ces BD, vous lirez un bon polar à l'ancienne. Un bon moment de lecture vous attend.

Le 3ème tome

Âme rouge est le troisième tome d'une série européenne d'exception: Blacksad. Ce volume était impatiemment attendu parce qu'annoncé dès la sortie du second. La pression était également très lourde. En effet, l'album précédent, Artic nation, avait été une réussite acclamée tant par les critiques que par les lecteurs. Qu'en est-il de celui-ci?...

Voyons peu l'intrigue.
John Blacksad se retrouve sans le sou. Ses affaires sont quasi inexistantes, et ses comptes dans le négatif. Il accepte alors le travail de garde du corps. Pour un riche business man dont le passe-temps préféré est de dépenser son argent. Blacksad s'ennuie plutôt qu'autre chose. Il rencontre un de ses vieux amis qui est spécialisé dans la physique nucléaire. A partir de là, il met les pieds dans un mécanisme meurtrier mêlant le maccarthysme, l'espionnage et l'amour.

Après les conflits racistes et les meurtres passionnels, les auteurs nous plonge cette fois-ci en pleine chasse aux sorcières. Le scénario est une fois de plus dense et intéressant. Peut être un brin moins recherché que le volume précédent mais il faut avouer que ce dernier était incroyablement consistant pour une BD de 46 pages. L'égaler se révélait être un sacré défi. Défi dont le scénariste, l'espagnol Diaz Canales, s'approche positivement. Les dessins de Guarnido sont une fois de plus splendides. Ses aquarelles vous attirent l'œil immanquablement. Vous le relirez une seconde fois rien que pour admirer les dessins. Le travail est précis et rempli de détails. Les expressions des visages notamment sont le fruit d'un labeur impressionnant.
En conclusion, le pari est réussi. L'intrigue policière est relevée de pointes d'humour. De la poésie accompagnée de dessins splendides.

A noter que deux tomes making of sont sortis. Dont un qui est un recueil d'aquarelles des dessins du troisième tome. Et je peux vous assurer que le talent du dessinateur n'est pas une légende. Ces deux auteurs sont de très grands artistes. J'attends la suite. Le quatrième tome devrait sortir courant 2010 et s'intituler L'Enfer, Le silence.



Alex Nikolavitch & Marc Botta - La dernière cigarette


La dernière cigarette est un album particulier de par son dessin très travaillé et son scénario qui nous raconte la déchéance des hommes à travers la guerre.

Seconde guerre mondiale. Novembre 1943. Un commissaire politique russe échappe aux bombardements de Kiev en se réfugiant dans un appartement vide. Seulement, c'est également l'abri d'un officier allemand. Que faire? S'en aller? Ils vont s'entretuer? Fatigués tous deux de la guerre, ils préfèrent s'échanger une cigarette. L'allemand amène la cigarette tandis que le russe amène le feu. Ils attendent là que s'arrêtent les bombardements. Enfin, ils cessent. Ils se séparent en étant honnête l'un envers l'autre: la guerre reprend ses droits dès qu'ils auront repassés le pas de la porte. Ils sortent et vont chacun de leur côté. L'allemand va droit vers la défaite tandis que le russe va direction Berlin.

Par son scénario, Alex Nikolavitch nous décrit une des nations à l'agonie et une Humanité perdue. Les Hommes ont créé la guerre mais leur création les a dépassés. Ils se trouvent perdus dans ce maelström de peur et de massacre. Un homme que vous croiseriez avec le sourire dans la rue pourrait devenir votre bourreau dans cette atmosphère. Les dessins de Marc Botta donne une âme à ces maux. Par sa peinture, il nous fait partager son désarroi et celui des personnages.

Je vous conseille cet album qui est magnifique et plein de vérité.